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    Irezumi : Le tatouage japonais histoire

    Irezumi : le tatouage au Japon
     
    La technique du tatouage japonais porte plusieurs nom,irezumi ou horimono.Horimono désigne l'ensemble des tatouages.Cependant,irezumi est le terme utilisé en général pour désigner le tatouage traditionnel couvrant de larges parties du corps,et pouvant aller jusqu'au tatouage intégral.
    Le tatouage japonais est le fruit d'une longue évolution dans le temps.
    Les recherches historiques semblent montrer que les Aïnous,population pionière du Japon,portaient déjà des tatouages faciaux dès l'ère Jomon (-10000 à -300 av. JC),comme symbole d'appartenance à un clan ou un métier en particulier.
    Au VIIIème siècle,les premiers ouvrages imprimés japonais apparaissent.Le Kojiki,écrit en 712,mentionne deux catégories de tatouages,l'un noble,réservé aux personnes illustres,et l'autre au contraire dégradant,réservé aux criminels.
    Venu de Chine par la Corée,le boudhisme amenait avec lui une forte part d'influence culturelle chinoise et le tatouage prit une connotation négative.Ainsi,le tatouage s'est mis à désigner des groupes sociaux en marge;ainsi,par exemple ceux à qui l'on avait apposé le tatouage comme peine judiciaire.Les résidentes des quartiers de plaisir,également,comptaient parmi ces groupes sociaux.Les yujo (prostituées) et certaines geisha de rang inférieur devinrent des adeptes de cette pratique nommée irebokuro à lère Edo,alors que les geisha et courtisanes de haut rang la dédaignaient.
    Lors des guerres civiles du Sengoku Jidai (le XVIème siècle japonais),certains samouraï se faisaient tatouer le symbole de leur clan (Mon) sur le bras ou le corps.Lors des batailles,cette méthode permettait d'identifier à coup sûr les cadavres à une époque ou les armures étaient volées et ou l'on avait l'habitude de couper les têtes des ennemis.
    Enfin,certaines catégories professionnelles utilisaient le tatouage comme une marque de leur corporation.Les pompiers d'Edo,par exemple,affectionnaient les tatouages,particulièrement les dragons,créatures aquatiques donc susceptibles de les protéger dans leur travail dangereux.
    Comme on l'a vu plus haut dans le Kojiki,les autorités ont progressivement utilisé le marqueur visuel qu'était le tatouage comme une punition pour les criminels : l'apposition du tatouage était une marque d'infâmie stigmatisant officiellement et définitivement les coupables.Mis au ban de la société,ceux-ci avaient tendance à se regrouper,point de base de la création des groupes yakuza.
    Le tatouage japonais,contrairement à son homologue occidental,est entièrement fait à la main.On utilise toujours de fines aiguilles,de l'encre de charbon et des pigments de couleur.Certaines oeuvres demandent plusieurs années de travail et représentent une fortune sur le plan financier.En outre,la méthode traditionnelle est réputée pour être tres douloureuse.Tout ceci implique une forte détermination et une dépense en temps et en argent du "client" potentiel!
    Cependant,de nos jours,seul un nombre réduit de tatoueurs pratiquent cet art appelé tebori (tatouage à la main).
    Les motifs du tatouage japonais sont influencés par les arts traditionels,les histoires populaires,la religion.Les motifs animaliers sont aussi tres présents,comme les dragons,les tigres ou les carpes,chacun étant associé à une qualité particulière.
    En ce qui concerne les groupes yakuza,l'irezumi est traditionnellement un signe de reconnaissance,73% environ des yakuza actuels sont tatoués.Se faire tatouer constitue un test d'endurance et de courage étant donné la méthode particulièrement douloureuse.En outre,c'est le symbole que l'on quitte la vie civile pour entrer dans une société parallèle,celle du crime.Le tatouage yakuza est tres codifié.cependant,le nombre de gangsters tatoués décroît,car les nouvelles générations préfèrent un simple tatouage similaire au type occidental,plus rapide,moins douloureux et surtout bien moins cher.
    Enfin,il existe maintenant un petit nombre de gens intéressés par le tatouage japonais pour ce qu'il est,en dehors de toute connotation,comme en occident,ce qui montre que cette pratique a su se diffuser,même de façon limitée,et qui est de bon augure en tant que premier pas vers une reconnaissance publique de cet art.